Chacun d’entre nous cherche à compenser le stress de la vie quotidienne par des activités annexes. Certains ont la chance de ne pas avoir la sensation de subir les tâches de leur activité professionnelle et sont suffisamment nourris par celle-ci. J’avoue que tel est mon cas. La musique est ma passion depuis toujours. Chaque jour, je me lève avec la joie en perspective de faire apprendre aux plus jeunes tout ce que je sais sur la musique. C’est une vocation plus qu’une profession. Si cet amour de la musique me vient de ma mère, mon père, quant à lui, m’a transmis la passion de la montagne. Il s’agit là d’une autre musique : la musique de la nature. Elle s’y trouve partout : dans les vallées, dans les rivières, dans le chant des oiseaux et dans le doux murmure des pas sur la neige. Ma vie personnelle est remplie de sons. Tous les jours, les musiques s’enchainent au rythme des leçons scolaires, des répétitions de chœurs, ou même de la radio dans la voiture. En montagne, on découvre la musique propre à la nature, aucunement influencée par les humains. Lorsqu’on aime l’écouter, on ne peut plus s’en passer.

Aujourd’hui, je me sens affamé de découverte. Depuis quelques années, j’entreprends des parcours de plus longue haleine lors des pauses scolaires estivales. C’est ainsi qu’en 2015 j’ai parcouru la Via Alpina Suisse sur 380 kilomètres entre Vaduz et Montreux à travers les Alpes bernoises. En 2016, c’est le Chemin des Cols Alpins entre Coire et Saint-Gingolph, sur 600 kilomètres qui m’a permis de franchir trente-deux cols entre 1'500 et 3'000 mètres d’altitude. Le Chemin des Crêtes du Jura en 2017 m’a permis de rejoindre Nyon depuis Zürich, sans oublier la cinquantaine de cabanes du Club Alpin Suisse visitées durant l’été. Parmi tous les projets qui germent dans mon esprit, le plus emblématique demeure la Via Alpina, de Trieste à Monaco en suivant l’itinéraire rouge.